saline royale arc-et-senans - visite - exposition - jardins - hôtel - séminaire - libraire - boutique - résidence artiste
saline royale arc-et-senans - visite - exposition - jardins - hôtel - séminaire - libraire - boutique - résidence artiste

résidence artistique de Nicolas Boulet, Julien Chignier et Laurent Tellier-Dell’ova

Nicolas Boulet, Julien Chignier et Laurent Tellier-Dell’ova, trois artistes du Cirque Plume, ont passé une semaine en résidence à la Saline royale afin de travailler sur leur nouveau spectacle autour de la valise.

Bonjour à vous trois, pouvez-vous vous présenter ?

Julien Chignier : Je suis saxophoniste, j’habite à Lyon et je travaille au sein du Cirque Plume avec Laurent et Nicolas ici présents. J’ai fait d’autres choses avant : du concert, de la musique. Je suis venu au spectacle vivant avec le Cirque Plume. On travaille tous les trois autour d’un nouveau spectacle qu’on va monter avec nos magnifiques boîtes.

Nicolas Boulet : Je suis un autochtone, puisque j’habite au Mont Poupet, vers la Chapelle-sur-Furieuse. Je suis musicien au sein du Cirque Plume comme mes deux collègues ici présents. Je suis musicien, bruiteur (musique d’objets) et percussionniste avant tout.

Laurent Tellier-Dell’ova : Comme mon nom ne l’indique pas du tout, j’ai grandi à Salins-les-Bains. Je suis aussi musicien au sein du Cirque Plume avec Julien et Nicolas. Je suis bassiste, contrebassiste, je m’essaie à la percussion et à la cascade.

 

Vous êtes ici à la Saline royale en résidence pour une semaine, que représente pour vous ce lieu unique ?

Nicolas Boulet : Ce lieu représente mon enfance, principalement. Je venais souvent ici car mes parents sont de Besançon. J’ai beaucoup de souvenirs de la fête du ciel, avec toutes ses montgolfières et notamment une espèce de gros boudin qui lançait des énormes plumes. J’ai également travaillé ici, en faisant un spectacle il y a quelques années, lorsque je m’occupais des enfants du canton. Aujourd’hui, je viens avec mes enfants, l’été, pour voir des concerts et des expositions. On a notamment vu celle de Tintin. On est habitué à ce lieu qui traverse le temps.

C’est très agréable de loger ici, de voir la Saline de jour comme de nuit et de sentir l’ambiance et l’énergie du lieu.

Julien Chignier : la Saline ne m’évoque pas de souvenir car c’est la première fois que je viens. Je suis très content de découvrir ce lieu en y faisant une résidence. C’est tout nouveau mais c’est très agréable de loger ici, de voir la Saline de jour comme de nuit et de sentir l’ambiance et l’énergie du lieu.

Laurent Tellier-Dell’ova : Ayant grandi à Salins-les-Bains, je pense qu’il y a un lien fort entre la Saline et Salins-les-Bains : les deux sites ont le même parcours par rapport au sel. La Saline faisait partie, comme la fête du ciel, de mes visites dominicales avec les grands-parents, pour venir voir un concert, une expo, un spectacle. Je suis assez fier en tant que Franc-Comtois et Salinois d’être là aujourd’hui avec mes copains au sein de la Saline. C’est un lieu très intéressant et les gens sont très gentils.

Est-ce également un lieu d’inspiration artistique ?

Julien Chignier : Personnellement, je trouve que le calme de cet endroit est propice à la création. On peut se poser dans les jardins qui sont en train d’être élaborés, on est tranquille, le soir il n’y a personne.

Laurent Tellier-Dell’ova : Et même en journée, avec les visiteurs, la Saline reste calme et silencieuse. Tout le monde est soucieux de préserver ce cadre.

Julien Chignier : Il y a aussi un côté majestueux, c’est un lieu chargé.

Nicolas Boulet : Etant en création, c’est un travail très introverti, on est centrés sur nous-mêmes. Quand on sort de notre salle de travail, le champ de vision du ciel est immense avec toutes ces lignes. A chaque fois que je sors du bâtiment, j’ai l’impression d’avoir une respiration qui contraste avec le fait d’être complètement resserré à l’intérieur de moi-même quand on travaille.

Laurent Tellier-Dell’ova : On ne vivrait pas ce temps de création de la même façon si, quand on sortait prendre l’air, on se retrouvait en plein centre-ville, que ce soit à Lyon ou à Besançon. Ici, sortir prendre l’air, c’est se retrouver dans cet espace gigantesque, toujours dans le calme.

 

Vous préparez ici un nouveau projet de spectacle percussif, pouvez-vous le décrire plus en détails ?

Julien Chignier : Ce projet est né d’une rencontre humaine. Lorsque je suis arrivé au Cirque Plume, j’ai rencontré Laurent et Nicolas et on a voulu conserver ce lien en faisant un spectacle à part entière, autour de la valise.

La création, ce n’est pas seulement de la réalisation, c’est surtout de la recherche. Pour le moment, on ne connaît pas le paysage, on cherche, on creuse, on voit ce qu’il y a, on déterre.

Nicolas Boulet : Ce spectacle ne sera pas uniquement percussif, en termes d’objet sonore. Etant donné que nous sommes en période de création, c’est compliqué d’expliquer précisément le spectacle. La création, ce n’est pas seulement de la réalisation, c’est surtout de la recherche. La recherche va nous emmener sur de la réalisation. Pour le moment, on ne connaît pas le paysage, on cherche, on creuse, on voit ce qu’il y a, on déterre. Mais on est incapable de dire ce qu’on va garder ou non. Il y a des éléments qui sont très bons mais qu’on ne gardera pas, et, inversement, certains éléments très moyens vont germer et vont devenir quelque chose.

 

Et pourquoi avez-vous décidé d’utiliser des valises ?

Laurent Tellier-Dell’ova : On a créé un numéro pour le dernier spectacle du Cirque Plume, où on se retrouve les trois assis sur ce banc avec ces valises.  On s’est donc dit : « pourquoi ne pas jouer avec ces valises et en faire un spectacle à part entière ? ».

 

Vous travaillez également au sein du Cirque Plume. Quelles différences et quelles similitudes y a-t-il d’un point de vue du travail et de la création entre le Cirque Plume et ici ?

Laurent Tellier-Dell’ova : Le salaire, déjà !

Nicolas Boulet : Artistiquement, il n’y a aucune différence. C’est exactement la même chose.

Julien Chignier : Dans le fonctionnement, dans l’énergie, dans les idées, on est plus nous-mêmes ici, on n’est pas dans le cadre d’un spectacle déjà écrit.

Laurent Tellier-Dell’ova : Je me mets autant en danger ici qu’avec le Cirque Plume. Pour moi, c’est la même chose, le risque est le même.

Nicolas Boulet : Et le processus est le même, on recherche tous azimuts, on s’ouvre à 360 degrés et, petit à petit, on va resserrer jusqu’à arriver sur le spectre fini et l’essence du spectacle.

 

Ce spectacle a pour vocation d’intégrer le réseau des Jeunesses Musicales de France. Pourquoi est-ce un souhait de votre part et quels en sont les principaux critères ?

Nicolas Boulet : On a envie de faire un spectacle tout public, tout-terrain, léger. Quand on a réfléchi là-dessus, on s’est dit que cela devait être aussi pour les enfants, les scolaires, et aussi n’importe où, avec très peu de moyens. Les JMF répondent largement à cette possibilité-là. C’est aussi cela, le pari de cette création : pouvoir la jouer auprès de tous les publics.

 

Dans quels lieux, en France et à l’étranger, souhaitez-vous faire découvrir ce spectacle ?

Julien Chignier : Cela dépendra des moyens qu’on a.

Laurent Tellier-Dell’ova : Et des moyens qu’on se donne.

Nicolas Boulet : Il n’y a rien de cloisonné dans la géographie. On verra où le spectacle nous emmène.

 

Un petit mot pour conclure cette interview ?

Laurent Tellier-Dell’ova : On est vraiment content d’avoir été accueillis à la Saline.

Nicolas Boulet : Il y a ici une efficacité et une discrétion qui est un luxe et un confort.

Share This